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C'est un personnage intègre comme il y en a peu.
Toujours sur le fil du rasoir, son art est sans concession, sachant conjuguer prise de risque et innovation.
Bien que de facture classique, sa peinture comporte des inclusions graphiques, la typographie y intervient en tant que langage pictural.
Cette savante alchimie garde aussi beaucoup d'intuition, mêlant modelé raffiné, aplat et graphisme lâché, composition rigoureuse aux couleurs chaudes ou froides et goût prononcé pour les ambiances en clair-obscur.
La présence de la femme y est essentielle, son rôle, primordial.
Le vocabulaire esthétique est tout en suggestion, le "non dit" dévoile une part d'érotisme idéalisé, le drapé renforce cette idée d'érotisation du corps.
Le décor n’est pas un espace planté par hasard, l'ensemble fait partie d'un tout, le fond et la forme racontent la même histoire.
Les peintures de Deric savent marier force et souplesse, on y retrouve ses racines russes, l'influence des icônes, la perspective. Elles nous invitent vers des univers oniriques où se mêlent des références à la mythologie gréco-romaine, à Michel Ange, Léonard de Vinci, ou Egon Schiele dans les poses.
Déric est-il pour autant hors du temps? Intemporel, oui certainement, daté, sûrement pas...
Puissance et rigueur de son dessin également, qui laisse une large place au travail des tracés linéaires, aux hachures. Sans abuser du contraste, le caractère de son trait est à lui seul toute une école. Son nu sur fond noir, très minimal, est pourtant d'une grande intensité.
Déric est un gardien des valeurs qui se perdent, un réel artiste dans un monde où tout est définitif, urgent, approximatif et consommable.
Plus qu'une valeur sûre, il est un éclat dans ce monde de ténèbres.
texte :T. Moreau
photo:N. Agapova


émission ART O'BAZ à la NRTV (Suisse)